Mercredi 9 juin 2010, le centre de loisirs municipal « Lucie Aubrac » était inauguré en présence de nombreux enfants, parents, anciens animateurs et personnalités locales. M Raymond Aubrac, n’a malheureusement pu, être présent ce jour pour des raisons de santé. Voici de larges extraits de l’allocution prononcée par Madame Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de la ville.
Mesdames et messieurs, chers amis
C’est avec enthousiasme que nous inaugurons aujourd’hui le centre de loisirs, et c’est avec une émotion particulière que nous lui donnons le nom de Lucie Aubrac.
Je suis convaincue que toutes celles et ceux qui ont œuvré pour l’épanouissement moral et physique des enfants dans notre ville ne pouvaient espérer mieux qu’une héroïne de la Résistance pour symboliser ce lieu, vecteur d’éducation populaire.
À l’image de tous ces camarades résistants, Lucie Aubrac n’a jamais cessé de témoigner la flamme de la Résistance contre le nazisme au cours de la seconde guerre mondiale, mais surtout elle a toujours insisté sur l’absolue nécessité d’une résistance de tous les instants, d’une résistance sans cesse contemporaine.
Lorsqu’il y a quelques années, elle nous a rendu visite à Port de bouc, elle manifestait aux collégiens et aux lycéens, sa certitude de devoir barrer la route à toute injustice, elle affirmait que le principe de s’élever contre l’arbitraire précédait toute entrée en résistance.
Ce sont ces mêmes valeurs qui, après la deuxième guerre mondiale, ont conduit la municipalité conduite par René Rieubon, à combattre toutes formes d’injustices, notamment celles formulées à l’encontre des enfants. C’est ainsi que toute son équipe s’est investi pour construire des écoles dans chaque quartier, pour impulser des activités de loisirs et d’éveil, des activités culturelles, des activités sportives, des activités d’éducation populaire … Soit une dynamique qui réduise les fractures économiques et sociales et s’attache à mettre les enfants, tous les enfants, sur le me même pied d’égalité en matière d’accès aux savoirs, à l’esprit critique et aux loisirs.
C’est ainsi, et les plus anciens parmi nous étaient très jeunes, mais je suis certaine qu’ils se souviennent des initiatives d’éducation populaire, d’éducation laïque qui se déroulaient dans plusieurs endroits décentralisés de la ville, que ce soit dans des écoles ou parfois dans des salles de fortune.
Ce sont souvent des instituteurs, des francs et franches camarades et les AIL, qui portaient les projets et initiatives d’éveil. Messieurs Battini, Raymond, Moulin, Azémard et monsieur Mas notamment, conjuguaient les loisirs du jeudi et des petites vacances aux travaux scolaires de la semaine. Parallèlement, la ville ouvrait la colonie de Lure pour que, lors des grandes vacances, les jeunes port de boucains puissent changer d’air et découvrir d’autres horizons.
Puis il y a trente ans, en 1979, plus précisément, Port de Bouc inaugurait le centre aéré situé à Milan Sud, qui, dans un premier temps, proposait des activités d’été sur place.
C’est d’ailleurs Madame Azémard qui en fut la première directrice. Et je veux rendre hommage à tous les animateurs et toutes les animatrices qui avec peu de choses dans les armoires, mais avec beaucoup d’imagination et de pédagogie ont su insuffler l’âme solidaire de Port de Bouc et les transmettre à plusieurs générations d’enfants.
Parmi ces anciennes animatrices et ces anciens animateurs, j’en vois réunis aujourd’hui parmi nous, ils n’ont rien perdus de cette fibre sociale et beaucoup d’entre eux la transmette encore, à travers les fonctions professionnelles qu’ils occupent : (Martine Vella/Muller, Dominique Bernabeu, Régine Erranz/Stéphanino, Daniel Zanca, Christine Azémard, Mireille Beltrand, Françis Santoru…) .
Petit à petit le centre aéré a changé d’appellation, il s’est transformé en Centre de Loisirs Sans Hébergement et s’est installé en 2009 ici même, à l’ancienne école Jean Jaurès. (…) Parents d’élèves et élus municipaux, nous avons décidé ensemble, au cours des Rencontres pour la Ville de 2005, de conserver cette structure au bénéfice de l’éducation des enfants. D’ailleurs, nous étions tous ensemble associés à la requalification de l’école communale. (…) Je veux souligner que les enfants ont donné de leur imagination et de leurs envies en dessinant leur centre de loisirs idéal, et l’équipe technique en charge de la réhabilitation a tenu compte de leurs désirs.
Je veux également rendre un hommage appuyé à une conseillère municipale qui malheureusement nous a quittés depuis, mais qui a travaillé sans relâche à la concrétisation de ce projet. Je veux bien évidemment parler de Jocelyne Bérangier. On savait à quel point, agir pour les enfants lui tenait à cœur, et c’est tout naturellement qu’elle avait accepté de s’investir dans ce dossier de rénovation et d’éducation populaire.
Tout le monde se souvient de tout le travail citoyen mené en amont avec les parents et avec toute l’équipe de Jean-Marc STUFHI, le directeur actuel du centre de loisirs. Je suis certaine que chacune et chacun ont pris plaisir à travailler à ses côtés. Nous avons une pensée très émue aujourd’hui et lui témoignons toute notre reconnaissance.
Mesdames et messieurs, l’éducation populaire est complémentaire à celle de la famille et à celle de l’école.(…)
C’est ce qui a guidé notre choix de mettre en place une délégation à l’Education populaire conduite par Monsieur rené Giorgetti, que je remercie à son tour pour son investissement auprès de cette réalisation.
Ensemble, nous partageons l’idée qu’une structure de loisirs doit être un vecteur de découvertes et doit s’atteler à résister à la consommation outrancière de loisirs, à la consommation dépourvue de sens. (…)
Je ne crois pas, malgré les avancées techniques de notre société, qu’aujourd’hui encore les enfants soient égaux devant l’avenir qui s’ouvre à eux. Des disparités subsistent, et fidèlement à nos idéaux d’égalité et de justice sociale, nous essayons de les compenser par des tarifs accessibles, par des activités d’éveil ouvertes à tous.
Lucie Aubrac le soulignait : « il nous faut combattre les injustices, toutes les injustices ». Elle partageait cette vision de la Résistance avec son mari Raymond Aubrac, qui, à 95 ans, devait être aujourd’hui parmi nous. 
Il appartient désormais aux générations d’être en éveil, d’être debout, pour traquer les injustices et y résister. C’est le message communiqué par le conseil national de la résistance auxquels sont intimement liés Lucie et Raymond.
(…)
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : Créer, c’est résister. Résister, c’est créer. »
Lucie Aubrac rajoutait : « La Résistance doit toujours se conjuguer au présent ».
C’est un souhait, que je pense ,ici, réunis, nous partageons et que nous nous nous attachons à faire vivre. Non la flamme de la résistance ne s’éteint pas.
Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre attention et vous invite à inaugurer ensemble le centre de loisirs sans hébergement Lucie Aubrac.

